Dernier vers pour la route

Je voudrais pas partir avant, avant
D’avoir goûter le pétillant de la pluie
Tordu le cou à la cacophonie.
Je voudrais pas passer
Avant d’avoir tangué sur des rafiots d’écume
Avant d’avoir mouillé à l’ancre de ton corps,
Danser mille et une nuits comme si c’était un jour…
Je voudrais pas partir sans savoir si, si
Les bourdons jubilent au coeur des pistils,
Si les écureuils chahutent dans les pins parasols
Si Baudelaire miaule à la nuit brune sur le clocher jauni,
Et si et si et si…. si la fleur gazouille et si l’oiseau fleurit.
Elle viendra, avec son œil borgne dont la nuit s’épouvante
Quand, quand mon cœur ne battra que d’une aile
J’accueillerai son long baiser glacé comme un cri sur mes lèvres.
Je voudrais pas crever bouffée par des vers mal rimés
Ni avant d’avoir trinquer un dernier verre pour la route.

Mich’ Elle Grenier