UTOPIA

A tous les Charlie

Aurais-je assez de larmes pour liquider la haine
Qui souffle en rafales sa tragédie de plomb ?
Saurais-je dire à quel point je suis contre
La barbarie, ils voulaient vivre les Charlie.
Ne lâchons pas les chiens, ne semons pas la peur,
Nous ne savions pas que nous avions une voix
Tant elle est muselée par l’individualisme
Forcené d’un monde qui crève d’impoésie.
Un monde gangrené par le cancer du cœur,
Le grand bataclan du bizness.
Poussons haut le chant des coqs !
Nos enfants souhaitent autre chose
Que piétiner dans la rage et l’ennui,
Ils veulent peindre des arbres bohémiens
Aux couleurs chatoyantes,
Feuilles frissonnantes dans l’élan d’exister.
Je ne m’endormirai que si chacun s’éveille,
Et toi, soleil, avec tes œillades qui flambent,
Fais vite éclore les bourgeons,
Que l’on hume à nouveau les regains d’espérance.
Je lance ce poème aux fleuves de jouvence
Dans la houle des raz de marées humaines :
Vivent nos différences !